La Banque Centrale du Congo (BCC) persiste dans sa politique monétaire restrictive, maintenant son taux directeur inchangé à 25% à l’issue de la réunion de son Comité de Politique Monétaire (CPM) ce mardi 15 avril 2025. Cette décision intervient malgré l’impact économique négatif de l’intensification du conflit dans l’Est du pays, un fardeau particulièrement lourd pour les finances publiques.
Pourtant, dans un contraste frappant, le CPM a salué la continuation de la stabilité macroéconomique observée depuis le troisième trimestre de 2024. L’inflation poursuit sa trajectoire descendante, s’établissant à un impressionnant 10,1% en glissement annuel à fin mars 2025, une nette amélioration par rapport aux 21,5% enregistrés à la même période l’an dernier.
La dépréciation du Franc Congolais a également été maîtrisée à un modeste 0,6% au premier trimestre, loin des 4,1% constatés fin mars 2024. La gestion rigoureuse des liquidités bancaires et une coordination accrue entre les politiques budgétaire et monétaire sont créditées pour ces résultats encourageants. Cependant, derrière cette façade de stabilité interne, le CPM a tiré la sonnette d’alarme face à une nette augmentation des risques et incertitudes planant sur l’économie nationale depuis janvier.
Le contexte international est particulièrement préoccupant, avec la persistance de la guerre en Ukraine, les tensions au Moyen-Orient, et l’escalade de la guerre commerciale initiée par les États-Unis. Ces turbulences mondiales font planer le spectre d’un ralentissement de la croissance globale et d’une résurgence de l’inflation, des menaces directes pour les perspectives économiques de la RDC.
Face à ce climat d’incertitude grandissante, le maintien de l’orientation restrictive de la politique monétaire apparaît comme une mesure de prudence, visant à ancrer la stabilité acquise. Le CPM a également insisté sur la nécessité d’un suivi encore plus rigoureux des développements économiques, tant internes qu’externes, afin de permettre à la BCC de réagir promptement en cas de besoin.
Au-delà des mesures conjoncturelles, le CPM a rappelé avec insistance l’urgence d’accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles. La diversification et la transformation de l’économie nationale demeurent des impératifs pour une croissance durable et résiliente face aux chocs externes.
Dans ce contexte délicat, la BCC souligne que le maintien de politiques économiques prudentes et coordonnées est plus essentiel que jamais pour naviguer dans cette période d’incertitude mondiale tout en consolidant les fragiles acquis macroéconomiques de la RDC. La stabilité est là, mais la vigilance reste de mise.

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